Marjolaine Perreten

Marjolaine Perreten a été l’invité de la 13e édition du festival du film d’animation Drakkar’Toon (2019) pour la présentation de court métrage Le dernier jour d’automne

Filmographie :
• Ballon Birds (court métrage – 2013) : scénariste, réalisatrice, animatrice
• Super Grand (court métrage – 2014) : scénariste, réalisatrice, animatrice
• Novembre (court métrage de fin d’étude – 2015) : scénariste, réalisatrice, animatrice
• Vent de fête (court métrage – 2016) : scénariste, réalisatrice, animatrice
• Dans la toile (mini-série TV – 2017 / 2019) : co-réalisatrice avec Emma Carré
• Le dernier jour d’automne (court métrage – 2019) : scénariste, réalisatrice

Cinéma Le DrakkarPourrais-tu nous présenter ton parcours et ton travail ?

Marjolaine Perreten – J’ai découvert très tard que l’animation pouvait être un véritable métier. Passionnée, je me suis vite rendu compte que les écoles suisses romandes proposant une formation en animation étaient hors de prix et peu reconnues. Convaincue par mes parents, j’ai accepté de faire une formation plus « classique » touchant également aux arts graphiques, et je suis devenue Multimedia Designer. Après cette formation, j’ai décidé, en parallèle à mon statut d’indépendante, de faire un maximum de stages dans des studios d’animation pour me former, tout en réalisant mon premier court-métrage animé, Balloon Birds. Puis j’ai postulé pour plusieurs écoles d’animation qui m’intéressaient, et j’ai eu la chance de pouvoir choisir d’intégrer la Poudrière (France). À la sortie de la Poudrière, en parallèle à la réalisation de mon film de fin d’études (Novembre), j’ai monté un dossier de projet pour un court-métrage animé (Vent de Fête) que j’ai présenté au studio genevois Nadasdy Film, pour qui j’avais déjà travaillé de nombreux mois. Comme il n’était pas très sûr de le produire, j’en ai profité pour l’envoyer également au concours de projets du Festival d’Annecy, où il a gagné la Bourse Ciclic et a été repéré par Folimage. De peur que je ne revienne pas en Suisse, Nadasdy s’est empressé de me rappeler pour me dire qu’il me produirait (rires) et le film s’est réalisé en coproduction avec Folimage. Nadasdy Film est depuis le producteur de tous mes projets, et c’est une sacrée équipe !

Novembre – Marjolaine Perreten – 2015 © La Poudrière

Le dernier jour d’automne – Marjolaine Perreten – 2018 © Nadasdy Film / Les Films du Nord / La Boîte,… Production

CLDPourrais-tu nous faire partager un souvenir de séance de cinéma qui t’aurait marquée ?

MP – Le tout premier film en prise de vue réelle que j’ai vu au cinéma, c’était Didier, d’Alain Chabat. J’avais sept ans. Il me semble que c’était une séance scolaire. Ce film m’avait fascinée, comme si une porte dans mon esprit s’était ouverte : en cinéma, on peut tout faire. Tout est possible. J’en étais ressortie des étoiles dans les yeux et j’en ai parlé pendant des semaines !

Didier – Alain Chabat – 1997 © Pathé

CLDPourrais-tu nous parler de ton actualité et de tes projets ?

MP – Pour l’instant, je développe deux projets en parallèle : l’adaptation d’une bande dessinée en court-métrage et un 26 minutes.
L’adaptation est un véritable coup de cœur que j’ai eu il y a deux ans, du livre Sabre d’Eric Feres. C’est surtout une histoire d’ambiances et j’adore ce challenge. Et le projet de 26 minutes est une histoire originale racontant l’aventure d’une famille de musaraignes atypiques qui doit trouver, dans la catastrophe, un nouvel endroit pour s’installer. Je jongle entre les deux, comme cela il n’y a pas d’interruptions lorsque nous attendons les financements !

Le haut du monde (recherches graphiques) © Marjolaine Perreten / Nadasdy Film

CLDAurais-tu quelques suggestions de films ou de lectures à nous conseiller ?

MP – J’ai re-revu récemment la série Dark Crystal : le temps de la Résistance, de Louis Leterrier (sur Netflix), et je suis toujours autant bluffée ! Pourtant je ne suis pas trop axée fantasy en général, mais la technique des marionnettes est atypique et fascinante. Et l’histoire bien écrite et les personnages touchants nous tiennent bien ! Des fois, ça fait du bien de sortir de sa zone de confort pour découvrir d’autres choses. C’est toujours inspirant ! (Et si vous vous y mettez, allez chercher des making-of sur google !).
J’ai également découvert le documentaire Ours, simplement sauvage, de Caroline Broussaud, et je pense que c’est devenu l’un de mes documentaires préférés.
En lecture, je suis plutôt axée bandes dessinées en général. Je suis le travail de Keigo Shinzo (Holiday Junction, L’auto-école du collège Moriyama…) et de Kazuo Umezu  (L’école emportée, Je suis Shingo…) pour ce qui est de la bande dessinée japonaise, ou encore La Chute de Jared Muralt, un auteur suisse, qui m’a bien prise aussi. Sinon, j’ai découvert les livres de Laurence Boissier, et c’est un délice. Je vous conseille Inventaire des lieux !

Dark Crystal : Le temps de la résistance – Louis Leterrier – 2019 © Netflix

Ours, simplement sauvage – Caroline Broussaud – 2019 © France TV Studio / Kobalann

L’auto-école du collège Moriyama – Keigo Shinzo – 2018 © Le Lézard noir

La chute – Jared Muralt – 2020 © Futuropolis